"La défaite en chantant" de Claude Allègre, "L'élection imperdable" de Claude Bartolone ou "Au revoir Royal" de Marie-Noëlle Lienemann, autant de brûlots anti-Royal mais d'une douceur extrême comparés au pamphlet de l'austère qui se marre, celui qui ne cesse de revenir pour dire qu'il ne reviendra pas, pamphlet d'un pseudo simple citoyen qui s'intéresse un peu trop à une vie politique qu'il dit avoir abandonnée et dans laquelle il se complait à mettre le foutoir lorsque les affaires commencent à être rangées. Alors que le PS tentait de se remettre en ordre, Lionel Jospin nous livre donc son "impasse"(1) qui, à défaut de friser le prix Nobel frisera le ridicule! Après avoir laissé son parti dans la mouscaille, le voici en effet rejetant toute la responsabilité de l'éclatement de celui-ci sur la cloche sensée servir d'épouvantail à Sarko. Du coup celle-ci, qu'on n'avait guère entendu sonner ces derniers temps, se remet à carillonner depuis le Québec. Non du Vatican, même si le tintamarre pourrait le laisser croire. Lisez plutôt: "Au fond, ce qui me vient à l'esprit c'est cette parole de la Bible: 'pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font'. Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent."
On pourrait dire avec Giono que "ça sent le rastaquouère, le dancing et le foutoir en plein air". Les métaphores médico-psychiatriques abondent en effet pour décrire la « santé » actuelle du PS: coma, asphyxie, état de panique, réactions atrabilaires, apragmatisme, sidération intellectuelle, stratégies de victimisation, positions dépressives entre plaintes et lamentations complaisantes, postures paranoïdes avec réflexes pavloviens d’épuration (excommunications, procès en sorcellerie pour trahisons, anathèmes vengeurs), procrastination, autodestruction, psychorigidité dogmatique et défensive, etc. Bref le diagnostique est sévère et le mal profond.(2) La question est donc double: 1- comment en est -on arrivé là? 2- À quel prix le PS peut-il encore sortir d'une crise aussi profonde?
Sur la première question, un livre paru le 10 septembre, écrit par le fabiusien Guillaume Bachelay, tente une analyse originale en ce qu'elle recherche les racines du mal non pas aux années Jospin, qui se sont soldées comme l'on sait, mais sur les 25 dernières années du Parti.(3) Il y suggère que le PS a deux visages, l'un social, l'autre libéral, qui se sont étouffés dans "le catéchisme de l'unité et la liturgie de l'unanimité" tuant dans l'oeuf tout débat stratégique. Et de répondre à la question du prix à payer pour sortir de cette impasse: "soit rendre les armes et pratiquer une sorte de social centrisme, soit tenir bon en se faisant accuser d'archaïsme".
Là où ce fabiusien voit une abdication, je vois pour ma part la révolution social-démocrate que la gauche française tarde à effectuer par rapport à ses homologues européennes, mais qui seule pourra à mon sens ancrer le parti dans la société moderne, libérale et mondialisée.
On pourrait dire avec Giono que "ça sent le rastaquouère, le dancing et le foutoir en plein air". Les métaphores médico-psychiatriques abondent en effet pour décrire la « santé » actuelle du PS: coma, asphyxie, état de panique, réactions atrabilaires, apragmatisme, sidération intellectuelle, stratégies de victimisation, positions dépressives entre plaintes et lamentations complaisantes, postures paranoïdes avec réflexes pavloviens d’épuration (excommunications, procès en sorcellerie pour trahisons, anathèmes vengeurs), procrastination, autodestruction, psychorigidité dogmatique et défensive, etc. Bref le diagnostique est sévère et le mal profond.(2) La question est donc double: 1- comment en est -on arrivé là? 2- À quel prix le PS peut-il encore sortir d'une crise aussi profonde?
Sur la première question, un livre paru le 10 septembre, écrit par le fabiusien Guillaume Bachelay, tente une analyse originale en ce qu'elle recherche les racines du mal non pas aux années Jospin, qui se sont soldées comme l'on sait, mais sur les 25 dernières années du Parti.(3) Il y suggère que le PS a deux visages, l'un social, l'autre libéral, qui se sont étouffés dans "le catéchisme de l'unité et la liturgie de l'unanimité" tuant dans l'oeuf tout débat stratégique. Et de répondre à la question du prix à payer pour sortir de cette impasse: "soit rendre les armes et pratiquer une sorte de social centrisme, soit tenir bon en se faisant accuser d'archaïsme".
Là où ce fabiusien voit une abdication, je vois pour ma part la révolution social-démocrate que la gauche française tarde à effectuer par rapport à ses homologues européennes, mais qui seule pourra à mon sens ancrer le parti dans la société moderne, libérale et mondialisée.
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(1) L'impasse, Lionel Jospin, ed. Flammarion
(2) cf Agora Vox, "Le Parti socialiste un parti (encore) utile aux Français ?", tribune libre
(3) "Désert d'avenir ?", retour sur 25 ans d'errance idéologique au PS , Guillaume Bachelay, ed. Bruno Leprince
3 commentaires:
Je trouve l'analyse bien pensée.
Maintenant pour le prix à payer j'espere que ce ne sera pas encore 1 presidentielle de perdue car celle-ci fait dejà trés mal!!!
Effectivement, mais je ne pense pas que Ségolène Royal était un choix pertinent d'une part, et d'autre part le PS doit sortir de cette foutue synthèse qui n'est que foutaise pour redevenir un parti de pouvoir. Mais le problème aussi, c'est que chacun veut imposer, comme d'habitude, sa petite réforme à lui et tire à bout portant sur celle de son voisin. Dans cette cacophonie générale, aucun avenir en vue, j'en ai bien peur. Il y a fort à craindre dans ce cas que le PS ne reste qu'un partis d'ambitieux qui n'a plus d'ambition...
Vive le boulevard laissé à la droite - mais là ce n'est que justice - et surtout au pouvoir total - c'est le plus inquiétant, surtout lorsque cette droite, qui se montre agréssive comme jamais, ne rencontre plus aucun contre-pouvoir.
Merci pour ton commentaire et ta visite!
Mais je t'en prie ce fut 1 plaisir.
Je ne pense pas non plus que ce choix etait le plus pertinent mais plutot le fruit d'un matraquage médiatique auquel il aurait été plus sage de reflechir plus mais bon...
Si dejà aujourd'hui on pouvait passer 1 journée sans notre omnipresident je rechignerai moins à ecouter les infos!
Et tu as entierement raison ce manque de contre-pouvoir actuel est effrayant!!
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